De la pensée à la matière et inversement proportionnel autant que faire se peut

Sètaki

« Je croque dans la vie à quenottes
Je ne me vois que de dos
Suis-je fragile, sotte ?
Allô maman bobo !
L'enfer invisible
À l'intérieur, tel un noyau,
Éructe, lance des missiles
Venant s'écraser sous ma peau.
Mon zanfan, mon gaté
Ou sobat, ou sobat,
Dan nout tourné viré
Sétaki son Mafate. »
"Sétaki" est né d'un moment de partage questionnant. Pendant un travail à la fonderie, pour des artistes, en vue d'une exposition, on faisait des moulages de bustes sur « vivant ». Ce fut une expérience assez intense en rencontres et en émotions. Les réactions ont été diverses au moment d'être coupé du monde, la tête entièrement prise dans le moule, immobilisée. Un moment "Face à soi-même". À l'ouverture des moules, j'ai eu l'impression d'être une sage-femme à un accouchement, à recueillir les sensations de "nouveaux nés adultes".
Et ce jour est arrivé où l'une des protagonistes, au milieu du moulage, s'est sentie mal, au moment où les yeux ont été recouverts du produit et on a du stopper. S'en est suivi un échange, crispé, tendu puis en fou rire libérateur, sur son ressenti et ses questions en suspens. Ses mots m'ont atteint et touché.
Une partie de son moule ayant été réalisé (le dos), une image m'est venue et la voilà matérialisée ci-dessous avec mes pensées du moment.
Il y a eu de la beauté dans cette expérience vécue, cette beauté de la différence des êtres, du "chacun fait comme il peut avec ce qu'il a", de ne pas prendre "l'échec" en tant que tel mais comme une invitation à comprendre, à apprendre et à célébrer.
Merci Madame.


Travail en cours
Musique : reprise de "Les gens qui doutent" d'Anne Sylvestre par Juliette Magnevasoa
